Actif durant le dernier quart du XIIe siècle, le troubadour Bertran de Born est considéré, dès le Moyen Âge, comme le plus important auteur de sirventes de la tradition occitane. Relevant de la 'communication de l'immédiateté', les sirventes sont des poèmes dans lesquels l'auteur prend parti dans les conflits politiques et militaires de son temps, célèbre ses seigneurs et alliés et attaque ses ennemis. Ceux de Bertran se rapportent aux événements qui, entre les années 1170 et 1195, opposent, selon des équilibres sans cesse mouvants, le roi d'Angleterre Henri II et ses fils, ces derniers entre eux et au roi de France, ainsi que le comte de Toulouse et le roi d'Aragon. Dans ces poésies, un je lyrique masculin 'très proche de la figure historique de Bertran' se met en scène comme petit chevalier, tour à tour engagé dans les luttes des grands seigneurs, sollicité comme conseiller auprès de Richard Coeur de Lion, ou impliqué dans les disputes féodales qui l'opposent aux membres de sa famille. Mais Bertran est également l'auteur de poésies d'inspiration amoureuse et de remarquables complaintes (planhs) composés à la mort de grands aristocrates. Dans les premières, il met à l'épreuve les codes de la chanson d'amour, en en explicitant les implications sociales; dans les seconds, il fait de la mort individuelle un événement à portée eschatologique, qui permet de repenser les fondements de la société féodale. Après une brève présentation de la vie du troubadour et du corpus conservé, le cours s'organisera autour de la lecture suivie d'une dizaine de poésies, et s'achèvera par une séance consacrée au vaste cycle de razos dont Bertran est le protagoniste. L'analyse de sirventes, de cansos et de planhs permettra de réfléchir à la représentation de la société féodale propre à Bertran; au sirventes comme forme privilégiée de la communication masculine; à la guerre comme expérience constitutive de l'identité aristocratique, ainsi qu'au système de valeurs qu'elle fonde et organise.

Ce cours public est organisé en collaboration avec la Maison de l’Histoire et se compose d’une série de séances de séminaire, de projections de films, de tables rondes et d’interventions de spécialistes.

Au cours de cinq séances de séminaire, les bases historiques et esthétiques-théoriques de l’analyse cinématographique seront posées : nous aborderons les imaginaires coloniaux, l’Amazonie et la mondialisation : le boom du caoutchouc, le développement autoritaire du XXe siècle, perspectives de genre, le pétrole / la frontière extractiviste / les El Dorados, et le regard indigène. Grâce à cette préparation théorique, historique et esthétique, les étudiants seront en mesure d’appréhender et de discuter des films à un niveau élevé.

Le point d’orgue du cours de spécialisation sera un festival de cinéma co-organisé par les étudiants, au cours duquel cinq films sélectionnés seront projetés, chacun mettant en lumière la région amazonienne sous différents angles : parmi eux, Secrets of Putumayo (2020), Iracema (1975), Crude (2009), Mundurukuyu (2025) et Los silencios (2018).