- Enseignant-e: Cécile Boss
- Enseignant-e: Joëlle Droux
- Enseignant-e: Viviane Rouiller
C’est dans un même mouvement que nombre d’Etats occidentaux proclament la démocratie et mettent en place au 19e siècle une instruction publique, bientôt décrétée gratuite, laïque et obligatoire. Ces principes visent la généralisation de l’alphabétisation et de la scolarisation. On assiste ainsi à la construction, consolidation puis diffusion mondiale de la « forme scolaire », transformant l’enfant en écolier. Ce processus se diffuse internationalement, par un processus de globalisation de l’éducation qui affecte différemment Etats indépendants, colonies et dès le second 20e siècle, des Etats en voie de décolonisation. Ces processus suscitent très tôt contradictions et controverses, qu’incarnent notamment les mouvements réformistes au début du 20e siècle (éducation nouvelle, école active) aspirant à valoriser l’activité, la spontanéité et la créativité de l’enfance, que l’école de masse étoufferait. Par ailleurs, soucieux de la qualité des systèmes éducatifs modernes, l’« Etat enseignant » améliore la formation des enseignants, hissés au statut de fonctionnaires, tandis que les professionnels de l’éducation se multiplient. Eux-mêmes s’associent pour faire entendre leur voix et œuvrer à une meilleure reconnaissance de leur profession et au perfectionnement des pratiques pédagogiques. Parallèlement, s’élaborent de nouvelles politiques de l’enfance et de la jeunesse qui visent à parachever l’encadrement éducatif par une palette de dispositifs de protection en matière sanitaire, sociale et juridique.
Le cours explorera successivement ces thématiques en s’appuyant à la fois sur des exemples et évolutions repérables à Genève, en Suisse, mais aussi dans d’autres contrées du globe. Il discutera les paradoxes de ces phénomènes, pour cerner les contradictions entre les discours et les intentions qui fondent les politiques éducatives d’Etats d’une part, et les pratiques effectives vécues par nombre d’actrices et acteurs entraînés dans ces transformations, dans différents contextes, d’autre part (régions rurales, publics vulnérables, le Sud global…).
Objectif : apporter des connaissances sur la manière dont les systèmes éducatifs modernes se sont construits, sur l’histoire des professions éducatives et sur les politiques de l’enfance et de la jeunesse ; inscrire les enjeux éducatifs actuels dans leur longue durée, pour mieux prendre conscience de la nature des transformations et des permanences ; s’initier à une approche historique critique, au contact de sources originales et d’une littérature historienne appropriée.