- Enseignant-e: Sylvain Doussot
A l'école à Genève, la citoyenneté relève des sciences humaines et sociales, et les contenus sont notamment abordés en fonction des faits d'actualité. Le cours traite de l'éducation à la citoyenneté selon une approche didactique centrée sur les rapports critiques que l'histoire établit entre passé et présent, à propos d'évènements d'actualité. Il prend acte du fait qu'enseigner l'histoire vise d'abord à former les citoyen-nes. Mais au-delà de l'historicité de l'actualité, il s'agit de travailler le problème spécifique de cette éducation : l'absence pour l'enseignant-e d'un savoir de référence, l'enjeu de fonder son autorité sur autre chose, afin qu'il ne soit pas pédagogiquement neutralisé par la neutralité politique qu'on attend de lui.
L'éducation politique impliquant l'École et l'enseignant-e, le cours explore l'hypothèse d'une autorité disciplinaire de l'histoire (et au-delà des sciences sociales) en tant que modalité spécifique de pensée : la critique des traces (médiatiques) partielles et partiales dont dispose les citoyen-nes pour appréhender ordinairement les faits d'actualité. L'enquête critique sur les enquêtes médiatiques est envisagée comme un instrument essentiel de cette éducation en contexte de post-vérité et de complotisme. Elle est interrogée sous l'angle des rapports de pouvoir qui médiatisent certains débats plutôt que d'autres, parfois les dépolitisent, et sous l'angle de la « défatalisation » du cours des évènements par l'histoire, qui met au jour les positions et stratégies des individus et des groupes, dominés ou dominants, au sein des rapports de pouvoir.
Par comparaison avec d'autres approches non didactiques (QSV, cartographies de controverses, matrices problématiques), il interroge les conditions pour que l'enquête critique historienne modélise la finalité de cette éducation et ses effets d'apprentissage. Il étudie l'articulation spécifique des savoirs et des valeurs qui la distingue d'un enseignement disciplinaire.