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L’inceste : objet d’histoire (XVIe–XVIIIe siècle) ? 

Descriptif L’inceste est-il un objet d’histoire comme les autres ? Aujourd’hui, l’inceste désigne les violences sexuelles commises sur les enfants dans le cercle familial. Dénoncé comme un crime massif et passé sous silence dans notre société, l’inceste fait l’objet d’une attention renouvelée dans l’espace public. Historiquement, l’inceste renvoie pourtant à des réalités plus larges. Du XVIe au XVIIIe siècle, le terme désigne les relations sexuelles ou matrimoniales prohibées entre personnes unies par des liens de parenté ou d’alliance. Sa définition varie selon les lieux, les périodes, les instances (justice civile ou pénale, ecclésiastique ou laïque, par exemple) ou les savoirs qui s’en saisissent (juridiques, théologiques, philosophiques, médicaux). Loin d’être passé sous silence, l’inceste suscite alors une abondante production discursive et fait l’objet de représentations théâtrales, littéraires, artistiques. Ce séminaire propose d’étudier les différentes manières dont l’inceste est pensé, nommé, mis en récit, représenté à l’époque moderne. A partir d’un corpus varié de textes et de sources, il s’agira de se familiariser avec les historiographies de l’inceste, d’en contextualiser les significations socio-culturelles changeantes et de réfléchir aux enjeux épistémologiques que soulève l’historicisation de l’inceste aujourd’hui.

Objectifs Les étudiant·es seront invité·es à réfléchir et à discuter collectivement à partir du matériau documentaire proposé à chaque séance du séminaire. Cette réflexion sur les conditions de possibilité et d’écriture de cette histoire « sensible » sera mise en pratique par la réalisation collective d’un corpus critique d’archives de l’inceste à l’époque moderne.

Iconographie: Loth et ses filles, Johann Gotthard Müller 1747-1830), graveur, et Gerrit van Honthorst (1592-1656), auteur modèle, 1782, 313 x 413 mm, eau-forte et burin, MAH, musée d’art et d’histoire, Ville de Genève, Ancien fonds.

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