- Enseignant-e: Martin Rueff
En quelques conférences prononcées en 1955, J. L. Austin a révolutionné la philosophie du langage. Son invention, les actes de langage est passée dans la culture commune. On sait mieux maintenant, grâce à lui que dire c’est faire, c’est-à-dire qu’il est des choses qu’on ne peut faire qu’en les disant, c’est-à-dire qu’on ne fait pas si on ne les dit pas. Or cette invention n’a connu aujourd’hui que des exploitations partielles ou locales dans la théorie littéraire et la poétique. Il est vrai qu’écrire ou lire ce n’est pas dire et qu’il semble falloir imaginer bien des médiations et bien des transactions pour qu’une théorie performative puisse rendre compte de ce qui se joue dans la parole littéraire.
On essaiera de construire le problème en se rendant attentif à sa dimension théorique : qu’est-ce que la théorie des actes de langage peut nous apprendre sur la littérature. On n’ignorera pas la différence générique – comment penser une pragmatique des genres ? Il semble plus facile en effet de rendre compte de la performativité du théâtre que de celle du poème. On s’arrêtera sur ce dernier, à la fois pour réfléchir à ce qui relie la performativité et la performance poétique et pour penser « l’action restreinte » des poèmes.
Il n’est peut-être pas déplacé de se demander ce que font les écrivaines et les écrivains en s’appuyant sur la pensée et le travail de celles et ceux qui pensent ce qu’est que faire avec des mots.
Une bibliographie sera distribuée à chaque cours.