- Enseignant-e: Camilla Paolino
En prenant comme point de départ l'exposition-manifeste « Womanhouse », organisée en 1971 par les artistes féministes Miriam Shapiro et Judy Chicago dans une maison abandonnée dans un quartier délabré d'Hollywood (Los Angeles, Californie), ce séminaire se propose d'explorer un ensemble de représentations artistiques de l'espace domestique qui ont pris forme dans l'art occidental des années 1970. En résonance avec les thèmes de la lutte féministe en cours, ce type de représentation cristallise une série de revendications liées à la position et au rôle des femmes dans l'espace domestique, ainsi qu'à la tentative d'échapper collectivement à ses structures claustrophobes et aux régimes d'oppression qui lui sont intrinsèques. D'une part, cette étude thématique sera l'occasion d'effectuer une analyse approfondie d'une variété de pratiques et de formes artistiques qui ont émergé depuis les années 1960 dans le sillage du « tournant conceptuel » (y compris la performance, l'installation et l'environment). D'autre part, il s'agira d'examiner et évaluer la contribution de l'art à la lutte pour la libération des femmes, dont les thèmes centraux (tels que le travail reproductif, l'enfermement et l'isolement dans le foyer, etc.) ont été abordés et réimaginés à travers la pratique artistique. Nous aborderons notamment l'oeuvre d'artistes de renommée internationale telles que Louise Bourgeois, Niki De Saint-Phalle, Carla Accardi, Heidi Bucher, Birgit Jurgenssen, Léa Lublin, Francesca Woodman et Laurie Simmons. Les étudiant-e-x-s seront impliqué-e-x-s par les biais de lectures partagées, exercices collectifs et exposés personnels ou de groupe dans le déroulement du séminaire, qui s'articulera comme un atelier de réflexion où la prise de parole et l'échange seront essentiels.
