- Enseignant-e: Stéphanie Soubrier
Longtemps écarté de l'histoire du travail en raison de son caractère parfois informel, des modes de rémunération variés, de la grande diversité de ses modalités et du cadre familial, intime, dans lequel il s'exerce, le travail domestique s'inscrit dans une zone grise entre travail contraint et travail libre. Loin de disparaître, comme le prédisait le sociologue Lewis Coser en 1973, la domesticité est devenue, depuis les années 1990, un marché global à l'échelle de la planète, caractérisé par des flux migratoires nombreux et intenses. Ce « retour de la domesticité » se lit également dans l'adoption par l'Organisation internationale du travail, en 2011, de la Convention n°189 qui règlemente le travail domestique. Ce séminaire familiarisera les étudiant·e·s avec l'historiographie des domesticités et du travail domestique en Europe. Des séances thématiques proposeront, dans une perspective comparatiste, des études de cas concernant les domesticités européennes et impériales aux XIXe et au XXe siècle, dans les empires français, britanniques et néerlandais, appuyées notamment sur des lectures individuelles de travaux d'historiens - mais aussi d'anthropologues et de sociologues - commentées en groupe. Une attention particulière sera portée aux mobilités et aux phénomènes de circulation et des séances transversales seront consacrées à certains prismes d'analyse (la question des rapports de genre, de l'encadrement légal du travail domestique, des continuités précoloniales). Enfin, une ouverture pourra être proposée sur la période plus contemporaine, à travers l'évolution actuelle des domesticités, révolutionnées par la mondialisation, et par la multiplication des plateformes de service à domicile (Shiva, Wecasa, etc).
