- Enseignant-e: Martin Rueff
L’exigence d’actualisation s’est transformée en tribunal : l’opinion publique arrache les œuvres à leur contexte et les juge en le plongeant dans le bain de ses inquiétudes. Le débat est mal engagé et nécessite quelques clarifications sur les relations que texte et contexte entretiennent en s’éclairant mutuellement. Il y va du sens que l’on donne aux œuvres et du poids que l’on accorde à l’histoire. Il y va aussi de ce que nous appelons littérature car les textes de la littérature réinventent au fil de l’histoire des contextes neufs, aussi saisissants que changeants. La littérature comme expérience de la langue déplace les savoirs au fil des imaginaires et interdit toute simplification. C’est à la fois la prérogative de l’art, en avance sur les revendications, et le prix du symbolique qui brouille les identités.
A l’heure où les Lumières ne cessent d’être obscurcies par de mauvais procès (qui sont souvent des procès mal instruits), ce cours entend proposer des instruments de réflexion pour introduire à leur connaissance. Plus qu’aucun autre moment de l’histoire culturelle et intellectuelle de la modernité, les Lumières font l’objet de réappropriations constantes, polémiques, contradictoires. Les penser « en contexte » c’est les plonger dans plusieurs bains et les faire réagir. On proposera ainsi plusieurs entrées dans le siècle des Lumières en s’attachant à des figures et à des œuvres remarquables.