- Enseignant-e: Loraine Chappuis
Ce séminaire de master propose d’étudier l’histoire sociale, matérielle et culturelle des vêtements à l’époque moderne dans une perspective de genre. En tant que « fait social total » (Pellegrin, 1993), les habits jouent un rôle pratique essentiel au quotidien, tout en étant un marqueur puissant de distinction sociale et l’un des premiers signifiants de la différence des sexes. Il s’agit en effet d’un lieu fondamental de la construction des identités de genre. Or ce rôle performatif qui incombe aux habits ne commence à se manifester qu’à partir du XIVe siècle. Ce séminaire a donc pour objet l’histoire des pratiques vestimentaires à l’époque moderne dans une réflexion qui vise à dénaturaliser cette différence et à déconstruire des processus de distinction et de domination sociale dans le contexte européen et dans le contexte colonial.
Se focalisant sur la période moderne, ce séminaire étudiera en premier lieu les normes juridiques et sociales qui régulent les pratiques vestimentaires dans la vie ordinaire, comme lors d’événements particuliers (par ex. « habit du dimanche », deuil). Il réfléchira également aux vêtements comme lieu et signe de contestation sociale qu’il s’agisse d'enjeux de classe ou de genre, à travers notamment la pratique du travestissement. Il envisagera enfin la problématique sous l’angle des modes de production matérielle dans le contexte de la naissance de la société de consommation. A ce titre, l’ouverture du sujet sur les espaces atlantique et indocéanique permettra d’inscrire la réflexion dans une approche d’histoire globale qui étudiera le rôle du commerce des esclaves et des matières sur les façons dont la colonisation impacte les pratiques vestimentaires.
