- Enseignant-e: Loraine Chappuis

Marius-Pierre Lemasurier, Famille métisse, huile sur toile, 142 cm x 122 cm, 1775, Paris, Musée du quai Branly.
Ce séminaire de master s’intéresse à l’histoire de la famille, de sexualité et du métissage dans les espaces coloniaux atlantiques et indocéaniques à l’époque moderne. Adossée au mythe de l’individu blanc, à l’identité raciale clairement définie, la politique impériale vise le contrôle de la sexualité afin de délimiter strictement les frontières de la race. Or, en dépit de cette norme idéale, les sociétés coloniales qui naissent de la rencontre des populations sont métissées, et le mariage chrétien, qui aurait dû en constituer la base, se trouve plutôt minoritaire. Apparaissent ainsi différentes « configurations familiales » que le séminaire propose d’étudier afin de comprendre comment se créent au XVIIIe siècle des sociétés « nouvelles » (Vidal : 2021) caractérisées par le métissage. Le séminaire s’intéressera ainsi à la formation et aux expérience sociales des familles, dans un contexte où le déracinement participe de la violence faite aux esclaves. Mettant à mal l’ordre racial, les métisses incarnent une autant une figure au potentiel de la subversion que de l’émancipation. Ce d’autant plus, qu’iels sont intrinsèquement lié×es à la population des libres de couleur et aux affranchissements qui pareillement challengent l’ordre politique et racial des colonies.
