- Enseignant-e: Nicolas Baya Laffite
Piliers de la modernité industrielle, les sciences et les techniques sont constitutives de notre société, tout en étant son produit. Elles façonnent durablement nos modes de vie, nos relations de pouvoir, et de nos rapports aux choses et à la nature. Ce, alors qu'elles sont aussi façonnées dans le temps par notre pratiques diverses et situées. Elles sont notre principal levier sur le monde, sur le vivant et sur la société elle-même. Tous secteurs sociétaux en sont concernés et en dépendent. Or, les interdépendances croissantes à des échelles multiples, comme l'a montré la pandémie de Covid19, rendent la société des sciences et des techniques très vulnérable aux dégâts de son propre développement. Les formes de vie de la planète entière sont aujourd'hui en jeu. Les conflictualités qui en résultent mettent la gouvernabilité et l'ordre démocratique à rude épreuve. Or, si le gouvernement des technosciences se retrouve alors au coeur même du politique, nos capacités de connaitre et d'agir politiquement sont elles aussi produites dans le même régime sociotechnique. On le voit bien, la société ne peut pas être comprise sans prendre en compte les sciences et les techniques comme il est tout aussi inutile de tenter d'appréhender les sciences et les techniques sans les penser en société et en situation. Comment donc saisir depuis la sociologie et les sciences de la société ces dynamiques d'imbrication et de coproduction entre sciences, techniques, sociétés ? Et encore, comment ne pas traiter les phénomènes scientifiques et techniques comme des "données", séparées des dynamiques de société et réservées aux expert-es du domaine concerné ? Pour répondre à ces questions, ce cours vous propose d'explorer une variété d'approches, de concepts et de méthodes issus de la sociologie des sciences et des techniques et plus largement du domaine interdisciplinaire des Science and Technology Studies (STS).
