Les approches critiques de la théorie politique libérale cherchent à renouveler les conceptions du « pouvoir » et du « sujet ». Elles posent les questions suivantes : Comment le pouvoir opère-t-il ? Sous quelles formes et dans quels lieux ? Comment le pouvoir affecte-t-il les sujets collectifs et individuels ? Comment comprendre la relation entre pouvoir et sujet ? Comment les sujets contestent–ils, échappent-ils ou résistent-ils aux rapports de pouvoir ? Ce séminaire propose d’aborder ces questions à partir des perspectives qui postulent que  la « race » et le colonialisme constituent des institutions centrales de la modernité. Ces théories interrogent les processus discursifs, historiques et épistémiques qui produisent, différencient et hiérarchise l’humain en articulant des marqueurs de race, d’ethnicité, de culture,de classe, de genre et de sexualité. Il s’agira pour nous d’explorer les redéfinitions radicales et les déplacements du pouvoir et du sujet qui émergent au sein de contributions clés – classiques et contemporaines – à la constellation des théories critiques de la « race » et de la postcolonialité. Nous nous concentrerons notamment sur les postcolonial studies, la philosophie critique de la race, la pensée radicale noire ou encore le black feminism. Nous discuterons aussi des défis méthodologiques et politiques impliqués par de tels déplacements et redéfinitions.  Au terme du semestre, les étudiant.e.s devraient non seulement avoir approfondi leurs connaissances de ces courants, mais être aussi capables de les mobiliser dans le cadre de leur propres réflexions théoriques.