- Enseignant-e: Marc Aberle
En tant qu’ensemble politique, l’Ancienne Confédération reposait sur un entrelacs d’alliances de dimensions variables et inégales consignées par écrit. Si les pactes attestant l’alliance perpétuelle des cantons de plein droit en constituaient les documents les plus fondamentaux, les combourgeoisies occupaient aussi une place centrale, mais singulière, dans les usages politiques, économiques, sociaux et diplomatiques de cet ensemble hétérogène.
Conçues comme une forme de naturalisation par laquelle une ville étendait son droit de cité à une personnalité individuelle ou collective, les combourgeoisies étaient aussi des traités d’alliance. Or, tout en définissant le statut des deux parties contractantes, leur plasticité pouvait conduire à la prééminence d’un allié sur l’autre. Instruments de «civification» utiles à la réduction des conflits – en ce qu’elles concédaient à un adversaire potentiel des avantages pour l’accès aux réalités économiques et juridictionnelles locales –, les combourgeoisies constituaient simultanément un levier d’expansion territoriale pour les membres de la Confédération qui, dès le XVe siècle, manifestaient des velléités d’agrandissement par le jeu des achats, des conquêtes et des alliances.
Les traités de combourgeoisie se trouvaient donc au cœur même de la cohésion de ce corps politique protéiforme qu’était l’Ancienne Confédération, tout en portant en eux le risque d’une guerre civile. Ce séminaire vise à saisir cette ambivalence en appréhendant finement les mécanismes à l’œuvre dans la conclusion des traités de combourgeoisie – instruments juridiques d’une croissance fondée sur l’amitié, l’arbitrage et le maintien de la paix territoriale, autant que d’une expansion violente, faite de menaces militaires, de rapports de force et d’intimidations.
