- Enseignant-e: Laurent Matthey
D’abord négligées ou traitées comme le simple produit de conditions régionales, les villes ont été, dans les années 1960, au centre de ce que l’on a appelé la Nouvelle géographie. Le développement de méthodes quantitatives permettait alors de mieux mesurer le changement urbain, d’en dégager et d’en analyser les structures. La conviction que l’espace n’est pas qu’un donné, mais un produit social ouvrait la voie à une géographie plus radicale dans sa portée politique. Le désir de faire de « l’homme la mesure de toute chose » conduisait enfin à envisager l’épaisseur existentielle des territoires de la ville. En ce début de XXIe siècle, alors que les villes se métropolisent, c’est la question de la durabilité de leur système qui se pose avec acuité, en même temps que l’on interroge les conditions d’une transition écologique.
Après avoir retracé les conditions d’apparition des villes jusqu’à l’émergence des nouvelles formes urbaines et présenté les fondamentaux de la pensée géographique de la ville, le cours développe certaines des problématiques contemporaines de recherche sur la ville en suivant l’hypothèse de l’« écologisation » d’une pensée de la ville née au XIXe siècle.
Résolument interdisciplinaire, ce cours d'initiation à la géographie et l’écologie urbaines mobilise – dans une perspective géographique – tout autant l'histoire des pensées sociales, l’histoire de l’urbanisme, la sociologie urbaine, la littérature sur la ville, les théories de l’action politique que la géographie sociale et culturelle. Des séquences théoriques alternent avec l'interrogation collective de documents filmiques et des temps d’enquête collective.
C’est d’ailleurs la conviction qu’il convient d’abord d’enquêter pour comprendre la ville qui vient, qui constitue le fil organisateur de cet enseignement, qui s’attache à discuter, d’un point de vue critique, différentes manières de faire la ville.
