- Enseignant-e: Eléonore Beck
Depuis le spatial puis le mobility turn, la recherche invite à repenser l'espace non comme un simple contenant, mais en tant que cadre structurant les représentations, les pratiques et les interactions sociales (Hmed, 2008). Dans les villes closes du XVIIIe siècle, la forte densité urbaine et la promiscuité des logements engendrent des dynamiques ambivalentes faites de tensions et de solidarités (Farge, 1986) : querelles de voisinage, dénonciations de comportements jugés déviants, propagations de rumeurs, attroupements ou émeutes rythment la vie quotidienne des résidant·e·s. Avant d'être un territoire défini par les autorités, le quartier apparaît en effet comme un « espace vécu » (Cabantous, 1994), façonné par les usages de ses habitant·e·s.
Le quartier peut ainsi à la fois favoriser des mécanismes d'exclusion - notamment à l'égard des femmes et des personnes étrangères - et devenir le lieu de réinventions individuelles ou de mobilisations collectives. À travers une attention portée à différents types d'espaces (logis, cabarets, boutiques, seuils, places publiques), nous analyserons comment ces « lieux du proche » s'articulent à des dynamiques sociales et politiques plus larges
