- Trainer/in: Jamieson Myles
Il existe deux manières contrastées de caractériser l’économie suisse. D’un côté, la Suisse a souvent été décrite au XXe siècle comme un « petit État faible », impuissante face aux « vents soufflés par les autres pays » (Guex 1999, 8). Dans un contexte de tensions commerciales et de remise en question de « l’ordre libéral international », cette vision semble conserver toute son actualité. De l’autre, la Suisse compte parmi les pays les plus riches, innovants et compétitifs du monde et certaines de ses entreprises occupent des positions de leader dans leurs domaines respectifs. Elle figure régulièrement dans le peloton de tête des classements internationaux, par exemple en matière du stock d’investissements directs à l’étranger par habitant. Mais comment peut-on expliquer cette tension ?
Ce cours propose une introduction à l’histoire économique contemporaine de la Suisse visant à comprendre les fondements empiriques de ces deux caractérisations a priori contradictoires. Partant du constat que le discours mythifiant du « Sonderfall Schweiz » (« cas particulier ») repose sur une insuffisante prise en compte des fondements historiques de la prospérité helvétique, l’enseignement vise à dénaturaliser les attributs communément associés à l’économie du pays et à les replacer dans une perspective internationale.
Le cours est structuré en trois grandes parties. La première offre un panorama chiffré de l’économie suisse, de l’ère préindustrielle à la fin du XXe siècle, à la lumière des grandes transformations économiques mondiales. La seconde examine plus en détail des industries associées aux secteurs primaires, secondaires et tertiaires : l’industrie laitière, l’industrie des machines, la finance, et le grand négoce. La troisième partie examinera les fondements institutionnels de la gouvernance économique de la Suisse avant de conclure avec une réflexion sur les débats actuels sur l’impérialisme et la neutralité.