Les mémoires (mudhakkirat, dhikrayat) et autobiographies (sira dhatiyya) constituent-ils des sources historiques ? L'historien irakien Elie Kedourie répondait en 1974 : « Qu'ils s'excusent, pallient, embellissent ou suppriment, ne diminue en rien la valeur de ce qu'ils écrivent », en référence aux auteurs des mémoires arabes qui ont proliféré à partir des années 1960. Quelle est donc la valeur historique de ces ego-documents, et comment les lire ? Comment le genre des mémoires et autobiographies ' ou l'écriture rétrospective à caractère non-fictionnel ' peut-il contribuer à la connaissance historique, en particulier à l'histoire sociale, « en dotant les vies ordinaires d'agentivité, d'une dignité et d'une texture » (Lindemann 2000) ? Ce séminaire se penche sur ces questions à travers l'examen d'une sélection de mémoires publiés en arabe, sur et pendant la période moderne et contemporaine (Egypte, Irak, Palestine, Jordanie, Algérie).