Que signifie « se conduire en homme » ?
Les travaux sur la masculinité ont documenté les nombreuses réponses possibles à cette question apparemment simple : au fil des siècles, d'une culture à l'autre, entre les classes sociales, au sein même de groupes qui semblent homogènes, les formes de masculinité diffèrent, de même que les rapports des hommes aux autres, entre eux et à eux-mêmes.
La littérature n'a pas seulement exprimé ces dispositions masculines. Elle les a souvent interrogées et parfois même façonnées. Le XIXe siècle est à ce titre comme les autres, c'est-à-dire tout aussi riche : dans les interstices de ses « masculinités hégémoniques » (la virilité militaire, le paternalisme de l'époux, etc.) fourmillent des alternatives plus ou moins abouties, heureuses, déclarées.
Il s'agira de parcourir ces différentes masculinités dans des œuvres à la fois canoniques et mineures — sans prétendre bien sûr à un inventaire exhaustif — et de réfléchir aussi à ce qui en a, ou non, perduré jusqu'à nous.