Avez-vous déjà essayé de soulever une maison ? Justement.

Un bâtiment ne peut pas être (trop) léger, car il doit être stable pour pouvoir résister aux différentes forces qui pourraient entraîner son effondrement. Pour qu'il résiste à la gravité, au vent ou aux tremblements de terre, il doit donc être solidement ancré dans le sol. Pendant des siècles, l'un des objectifs de la conception architecturale dans la culture occidentale a été de rendre visibles la solidité et la protection dans l'articulation du corps du bâtiment, et plus particulièrement dans les façades. Au XXe siècle, on assiste à un changement de paradigme : au sein du "mouvement moderne", l'objectif affirmé est de donner aux bâtiments une apparence de légèreté. Le Corbusier parle par exemple d'une maison d'habitation qui serait une "boîte suspendue dans l'air", Frank Lloyd Wright conçoit une résidence de vacances sur la base de dalles en port-à-faux surplombant une cascade.

En partant de ces premières expériences du mouvement moderne et d'autres, nous suivrons dans ce séminaire l'évolution de la légèreté à travers le 20e siècle. Il s'est agit de minimiser les matériaux et les coûts, de faciliter les processus de construction, de créer une esthétique de la suspension et de l'élan - et par là même une nouvelle "légèreté de l'être" que les utilisateurs de telles constructions doivent expérimenter.

Le séminaire prévoit des séances de discussion et d'analyse de cas en alternance avec des enquêtes in situ, au cours desquelles des exemples de construction légère seront également visités à Genève et dans les environs.