- Enseignant-e: Sébastien Lambelet
En 2020, les régions urbaines abritent 55% de la population de la planète et génèrent plus de 80% de son PIB (Banque mondiale, 2020). Au sein d'une économie de marché globalisée, cette importance croissante des régions urbaines au détriment des régions rurales met les Etats-nations et leurs structures politico-institutionnelles sous tension. Ainsi, depuis les années 1990, la logique keynésienne des politiques nationales de l'après-guerre visant à répartir les lieux de production économique, ainsi qu'à délivrer des services publics sur l'ensemble du territoire national, est progressivement abandonnée. Désormais, les Etats-nations ancrent leurs politiques territoriales dans une logique post-keynésienne visant à accroitre l'attractivité et la compétitivité des grandes villes afin de les transformer en pôles de croissance pour l'économie nationale (Brenner, 2004, 2019).
Ce cours propose d'étudier les implications politiques, économiques et socio-spatiales de ce tournant post-keynésien en analysant les pays occidentaux, et en particulier le cas suisse. Nous revisiterons les modèles théoriques ayant façonné la fabrique urbaine du 19ème au 21ème siècle (e.g. modèles spatiaux, débat sur le pouvoir communautaire, économie politique urbaine, mouvements sociaux et régimes urbains, ville globale et néolibérale, tournant narratif). En parallèle, nous questionnerons ces modèles théoriques en analysant plusieurs politiques à incidence spatiale (aménagement, transports, agglomérations, logement, agriculture, collaborations transfrontalières) qui influencent les politiques locales. Enfin, au-travers d'exemples empiriques amenés par l'enseignant ou les travaux des étudiant-e-s, nous tenterons d'identifier : a) qui gouverne la ville du 21ème siècle ? ; b) avec quelles ressources ? ; et enfin, c) comment les politiques spatiales déterminées par les Etats-nations influencent-elles la fabrique urbaine ?
