A l’heure où le numérique n’est plus perçu comme une menace au livre et à la littérature, et qu’il s’est imposé comme lieu de diffusion privilégiée du texte et comme médium favorisant le renouveau littéraire, il est temps de resituer son rôle dans la littérature contemporaine et de questionner ses enjeux critiques et créatifs.

La poésie est le champ par excellence de ces explorations et c’est donc par la lorgnette de celle-ci que le cours abordera la littérature numérique. Dans les années 1960-1970, une première génération voit naître une littérature algorithmique qui s’inspire du fonctionnement des machines et langages informatiques, ainsi que, en parallèle, une poésie « technologique », travaillant avec les machines pour produire du sonore ou du visuel, en plus du verbal. L’Oulipo et l’Alamo, et des poètes comme Jean-Pierre Balpe ou Philippe Bootz, côtoieront ainsi les poètes sonores et performeurs (Bernard Heidsieck), visuels (d’Apollinaire à Pierre Garnier), de façon à réfléchir aux questions que ces écrivains d’avant-garde soulèvent : qu’est-ce qu’un auteur exactement ? qu’est-ce qui fait littérature ? un programme peut-il être un poème ? que peut le lecteur face à une œuvre ? etc.

Plus tard se développeront les générateurs de textes, les romans hypertextuels, les poèmes interactifs et toutes ces formes souvent multimédiales que l’on retrouve aujourd’hui sur des sites comme Remue.net, des blogs personnels et des comptes de réseaux sociaux. Ce nouveau paysage littéraire, passionnant parce que non figé, sera abordé de la façon la plus vivante possible : ateliers d’écriture numérique, rencontre avec une poétesse (Heike Fiedler), collaborations avec l’Association Infolipo, et présentations collectives d’œuvres numériques. Le séminaire s’ouvrira donc à l’extrême contemporain, en le reliant à une filiation littéraire que l’on aura éclairée en amont.

Nb : Il n’est pas besoin d’avoir de connaissances particulières, ni littéraires, ni informatiques, pour suivre le cours.