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Espace de communication pour les étudiant-es du MAMO

Ce séminaire vise à offrir les clés de compréhension de la « question kurde ». Après la présentation des éléments culturels et historiques sur les Kurdes et le Kurdistan, on analysera l'émergence du nationalisme kurde, la divisions des Kurdes à la fin de la Première Guerre mondiale entre les États modernes et l'impact de leurs politiques d'homogénéisation. On étudiera ensuite le renouveau de la question et son évolution durant la période de la guerre froide. On analysera enfin l'évolution de la question dans la période post guerre froide à travers sa régionalisation dès les années 1990. Des problématiques telles que la diaspora kurde et son activisme, la création des zones autonomes kurdes en Irak et en Syrie et leur évolution, l'évolution du nationalisme kurde et l'émergence des mouvements féministe, alévi, yézidi, zaza, islamiste'seront également étudiées.

Dans ce cours, nous nous proposons de parcourir l'histoire de la Libye du 19ème siècle à la fin de l'ère Qadhafi à travers une approche décoloniale et ce, afin de comprendre les racines profondes de certains dérèglements structurels du pays à l'heure actuelle.
Pourquoi le régionalisme est-il si fort en Libye, au point d'empêcher toute tentative de mise en accord de la Tripolitaine avec la Cyrénaïque ? La Libye est-elle vraiment un "failed state" ou plutôt, le modèle de l'Etat-nation ne serait-il peut-être pas adapté au cas libyen ? Dans quelle mesure les puissances étrangères ont-elles, au cours de l'histoire, contribué à exacerber les conflits internes, y compris la guerre civile de 2011, en fomentant les divisions ?
A travers les concepts de "coloniality of power", "coloniality of knowledge" et "coloniality of being" (Quijano, 2000), nous allons analyser les différentes phases de l'histoire moderne et contemporaine de la Libye. De la deuxième occupation ottomane (1835-1911), à l'ère Qadhafi (1969-2011), en passant par les colonisations italienne et alliée (1911-1951) et la période monarchique (1951-1969): l'étude historique nous permettra d'apporter une piste d'explication plus complète et objective que celles dominant parfois l'opinion publique, où prévaut une approche occidentalo-centrée qui voit en Qadhafi le seul responsable des problèmes actuels.
Les cours seront structurés de sorte à favoriser le débat, après la présentation par l'enseignante. Plusieurs intervenant.e.s externes seront également invité.e.s à apporter leur contribution.

Reference: Quijano, Aníbal. 2000. "Coloniality of power, eurocentrism, and Latin America". Nepantla: Views from South 1(3): 533-580.
 
Lecture conseillée : Baldinetti, Anna. 2010. The origins of the Libyan nation : colonial legacy, exile and the emergence of a new nation-state. London: Routledge.

 

La quasi faillite de l’État libanais dès le printemps 2020 a mis en lumière une série d’enjeux qui structurent la scène nationale et qui trouvent leurs ramifications tant au niveau des logiques intérieures qu’au plan régional. La tentative d’intervention française dans le jeu politique libanais semble avoir fait long feu et l’inertie des forces confessionnelles aux commandes à Beyrouth semble barrer la voie à tout changement de fond. L’attentisme de la classe politique face au changement de pouvoir à Washington illustre une nouvelle fois la dépendance du jeu libanais à l’égard des puissances régionales et globales. Elle fournit en même temps au mouvement révolutionnaire du 17 octobre (2019) une justification supplémentaire pour demander la démission en bloc de ces acteurs qui ont monopolisé la scène politique libanaise depuis l’après-guerre civile.

La crise de légitimité que connaît le Liban depuis plusieurs années et qui s’est incarnée par une forte mobilisation depuis l’automne 2019 trouve ses racines dans la superposition de problèmes économiques, d’une corrosion du champ politique et d’importantes frustrations sociales liées à la nature de l’État autant qu’à la confiscation des leviers du pouvoirs par une catégorie d’acteurs qui ne semble avoir de compte à rendre à personne. La dépendance du pays du Cèdre à l’égard de ses voisins immédiats (Syrie, Israël) – qui à divers moments de son histoire récente ont largement contribué à miner l’autorité du pouvoir de l’État – ou plus lointain (Iran, Arabie Saoudite, États-Unis) nécessite d’être mise en lien avec les acteurs et institutions nationales. Le cours entend donc se centrer sur une série d’acteurs institutionnels ou collectifs (armée, partis, réfugiés), de moments (élections, attentats, conflits, reconstruction) et d’époques (indépendance, guerre civile, tutelle syrienne) pour en montrer les dynamiques locales, régionales et internationales. Cette approche thématique et multi-scalaire vise à rompre avec une narration linéaire et vise à introduire une série de problématiques permettant de revisiter les enjeux politiques, sociaux et confessionnels du Liban contemporain dans une perspective diachronique.