- Enseignant-e: Iacopo Adda
Objectif
Descriptif
Vers la fin des années 2000, néanmoins, l'activisme russe aux égards de l'Asie-Pacifique a repris de l'ampleur et le concept de « pivot to Asia » est devenu courant tant dans les discours politiques russes que parmi les analystes. La Chine, le Japon, les deux Corée, l'Inde et de nombreux autres économies émergentes de l'Asie du Sud-Est semblaient (et semblent encore) offrir à la Russie une voie de sortie prometteuse de sa dépendance économique vis-à-vis du marché et des technologies occidentales, en particulier européennes. Il restait (et reste encore) néanmoins à définir exactement ce que la Russie pouvait offrir à ses partenaires asiatiques et quel rôle pouvait-elle jouer sur l'échiquier géopolitique de l'Asie-Pacifique.
Ce séminaire a pour objectif de reconstruire le parcours entrepris par la Fédération de Russie depuis les années 1990 à la recherche de sa place en Asie. Nous y analyserons les potentialités et les faiblesses des régions de la Russie orientale et nous étudierons l'évolution des rapports bilatéraux, économiques et politiques, avec des pays tels que la République Populaire de Chine, le Japon, la République de Corée, l'Inde, la Mongolie, la République Populaire Démocratique de Corée et d'autres pays faisant partie de l'ANASE (Association des nations de l'Asie du Sud-Est).
Espace de communication pour les étudiant-es du MAEAC
- Enseignant-e: Eric Aunoble
Dans de nombreuses publications, la révolution bolchevique de 1917 est toujours illustrée par un photogramme du film Octobre d’Eisenstein (1927), présentée à tort comme une image d’archive. Cette capacité à substituer une représentation à la réalité n’a pas opéré que dans la reconstitution du passé. Sur les écrans soviétiques, la production industrielle devenait une scène où l’héroïsme n’était pas moindre que dans la lutte révolutionnaire et même les histoires d’amour devaient s’inscrire dans le sens de l’histoire. Il reste qu’entre 1917 et 1991, les thèmes et les styles ont beaucoup évolué, reflétant les changements de la société. C’est que la censure et le contrôle ne peuvent pas tout. En fait, dans un art qui est avant tout une industrie, le pouvoir, les créateurs mais aussi les acteurs et les techniciens entretenaient des relations complexes dont l’idéologie ne donne pas toutes les clés.
En étudiant des œuvres esthétiquement marquantes mais aussi leurs conditions de production, on éclairera le monde soviétique dans différentes dimensions : politique, institutionnelle, sociale, nationale et impériale, genrée et mémorielle.
Bibliographie et documents pour le cours sur https://tinyurl.com/bdddd9ez.

- Enseignant-e: Anne Madelain
Ce cours traite de l’espace balkanique et centre-européen depuis la fin de Seconde Guerre mondiale qui l’a particulière affecté et transformé. Il s’agit aussi de prendre conscience des phénomènes de longue durée qui structurent cet espace : héritage des empires austro-hongrois et ottomans, construction récente des nations, existence de frontières fantômes.
La période socialiste (1948-1989) l’a profondément modernisé, introduisant de nouvelles circulations mais aussi de nouvelles frontières. La chute des régimes communistes entre 1989 et 1991 est un élément de rupture mais doit être réinterrogé à la lumière des continuités. La Yougoslavie, autrefois perçue comme un modèle de socialisme différent, autogéré et non aligné, éclate en 1991, s’en suivent plusieurs conflits en Croatie, Bosnie-Herzégovine, puis Kosovo, achevant de déstabiliser l’ordre européen établi en 1945.
On abordera enfin la « transition » politique et économique de ces pays entre communisme et capitalisme dans une perspective critique pour en analyser les conséquences dans l’Union européenne et ses marges actuelles. Les liens entre Balkans et Europe centrale sont importants à baliser, car ils ont tendance à être effacés dans l'histoire politique et les découpages aréaux.
- Enseignant-e: Julien Vercueil
Objectifs du cours : analyser le développement et les trajectoires des économies de la Russie et de l'Eurasie depuis la chute du Mur de Berlin. Etudier les principales options offertes aux économies de la Russie et de la région en matière d’ouverture économique et d’intégration à l’économie mondiale, en liaison avec leurs problématiques internes, dans une approche historique évoquant le système soviétique et aboutissant aux conséquences de la guerre en Ukraine en 2022.
Permettre aux étudiants de porter une appréciation correctement informée, critique, nuancée et argumentée des analyses et études économiques produites sur la région, particulièrement en temps de crise ou de guerre.
Pré-requis : niveau de connaissance satisfaisant de l’histoire générale et de la géographie des États post-soviétiques, en particulier de la Russie et de la CEI. Connaissances de base et intérêt marqué pour l’actualité économique. Aisance dans la lecture et l’interprétation de textes analysant l’actualité économique internationale, si possible en russe, mais surtout en français et anglais.
- Enseignant-e: Valentin Behr
Ce cours se focalise avant tout sur les quatre pays formant le « groupe de Visegrad » (Pologne, Hongrie, Tchéquie, Slovaquie), avec des incursions ponctuelles sur la Bulgarie, la Roumanie, et les pays de l’ex-Yougoslavie. Il vise à transmettre les principaux repères sur l’histoire de ces États aux XXe et XXIe siècles, de leur accession à l’indépendance après la dislocation des empires centraux en 1918, jusqu’à nos jours avec leur accession à l’Union européenne. Des développements seront spécifiquement consacrés aux défis contemporains auxquels font face ces États (transformations postcommunistes, européanisation et tournants « illibéraux »). La perspective adoptée dans ce cours vise à faire comprendre les spécificités des États de la région, tout en les insérant dans l’histoire européenne et globale, de manière à ne pas réifier le clivage « Est/Ouest ».
- Enseignant-e: Roman Krakovsky
Le mardi, 10h-12h, sur zoom : https://unige.zoom.us/j/92014841777
Travaux prévus
Dossier : Chaque séance est organisée autour d’une discussion collective portant sur un dossier composé de documents d’époque (discours, textes littéraires et philosophiques, mémoires, journaux intimes, etc.) d’une vingtaine de pages. La lecture en amont de ce dossier est indispensable pour participer à la séance : elle permet de mieux suivre le cours et de participer à la discussion. Le contexte historique dans lequel ces documents s’inscrivent (principaux événements, acteurs, concepts) sera évoqué au cours de la séance. Toutefois, il est fortement recommandé de mener un travail préparatoire en amont, puisque le format du cours (séminaire) ne permet pas le consacrer suffisamment de temps pour l’explication exhaustive des événements : l’objectif de la séance est de réfléchir ensemble à partir des notions et des connaissances acquises en amont et élaborer une réflexion commune à partir de ces bases.
Tous les dossiers du Reader sont disponibles sur Moodle.
Actualité : Chaque semaine, on ouvre la séance avec une courte présentation d’une actualité de la semaine écoulée liée à l’Europe du sud-est. La présentation expose brièvement (5 min) les faits et le contexte.
Mises au point : Au cours de chaque séance, les étudiants présentent à l’oral plusieurs mises au point sur des questions précises en lien avec le thème de la séance. L’objectif est de présenter, de manière concise mais synthétique, une idée / un événement / un concept / un acteur. Attention : l’intervention est limitée à 5 min maximum (ce qui correspond à un texte de près 3 600 signes espaces compris). Il s’agit d’un exercice individuel. Au cours du semestre, chaque étudiant présente deux mises au point.
Iconographie : À la fin de chaque séance, un document iconographique est analysé de manière collective. La discussion est animée par un ou deux étudiants. L’objectif n’est pas de faire une présentation formelle où le public serait placé dans un rôle passif de spectateur mais de mener véritablement un travail d’analyse collectif du document. Le ou les étudiants chargés de cet exercice devront donc fournir à la classe l’information nécessaire pour comprendre le contexte dans lequel l’objet iconographique a été créé mais ensuite passer rapidement à l’animation du débat autour du document, en posant les questions à la salle. L’exercice étant relativement court (15 min), il faut avoir bien préparé sa stratégie pour mener la salle vers l’interprétation voulue. Chaque étudiant présente un document iconographique par semestre. Si plusieurs étudiants préparent le même débat, le travail est préparé et noté en commun.
Aucun travail écrit n’est exigé. Il est toutefois conseillé de ne pas sous-estimer la préparation de la présentation à l’oral qui participe à l’évaluation du contrôle continu.
La distribution des actualités, des mises au point et des iconographies se fera au cours de la première séance.
Evaluation
Critères retenus :
- Préparation active des séances en amont : lecture du corpus de documents / iconographique et participation active aux discussions collectives
- Pour les travaux présentés en classe : compréhension de l’intérêt du sujet, connaissances historiques apportées, mise en contexte, pertinence de l’argumentation et des exemples, problématisation et analyse du sujet, organisation des idées, enchaînements et qualité de la démonstration
- Aspects formels de la présentation à l’oral : détachement des notes, clarté de l’expression, fluidité de la présentation, respect du temps imparti (5 minutes pour la mise au point et 15 minutes pour l’iconographie)
- Progression du travail dans l’année
Répartition de la notation
L’évaluation du travail se fait exclusivement sur la base du contrôle continu. La note du contrôle continu est une moyenne des travaux accomplis affectés d’un coefficient :
- Une actualité : 10 %
- Deux mises au point : 20 % (10 % par mise au point)
- Une iconographie : 20 %
- Participation active à la discussion collective du Reader : 50 %
La non-préparation de la séance sera systématiquement affectée de la note 0/6.
Contact : roman.krakovsky@unige.ch
Planning
SEANCE 1 (23 février 2021) : L’introduction
SEANCE 2 (2 mars 2021) : L’invention d’une région
SEANCE 3 (9 mars 2021) : La montée des nationalismes au XIXe siècle
SEANCE 4 (16 mars 2021) : La naissance des États-nations et la question des minorités dans l’entre-deux-guerres
SEANCE 5 (23 mars 2021) : Les révolutions de gauche et les contre-révolutions de
droite
SEANCE
6 (30 mars 2021) : La montée
des autoritarismes dans les années 1930
SEANCE 7 (13
avril 2021) : Les
transformations sociales dans l’entre-deux-guerres
SEANCE 8 (20 avril 2021) : D’une crise économique à l’autre
SEANCE 9 (27 avril 2021) : La sortie du communisme
SEANCE 10 (4 mai 2021) : La désintégration de la Yougoslavie
SEANCE 11 (11
mai 2021) : La
crise démographique et la crise migratoire
SEANCE
12 (25 mai 2021) : Les
Balkans et la Chine aujourd’hui
Séance 13 (18 mai 2021) : Le poids du passé
- Enseignant-e: Roman Krakovsky
La transition vers la démocratie dans les pays de l’Europe centrale et orientale s’accompagne des difficultés imprévues. Pour mieux les comprendre, il faudrait replonger dans l’histoire et revenir à l’avant-1989. Car si les régimes démocratiques libéraux mettent au centre de leur attention la question du bonheur individuel, les régimes communistes de l’après-1945 visent à réinventer une nouvelle société et une nouvelle manière de construire la relation à soi et à l’autre. L’examen de ce projet permettra de mieux comprendre comment, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, se reconstituent dans cet espace les communautés politiques alors que ces régimes ne reconnaissent pas les mécanismes du débat démocratique et ne respectent pas les libertés individuelles et collectives et se construit dans ce contexte la notion d’intérêt général.
Nous examinerons la mise en place du projet communiste, ses réalisations et ses ajustements dans le temps en faisant appel aux outils d’anthropologie historique, de sociologie et de science politique.
En s’appuyant sur l’analyse de la culture matérielle (objets de consommation quotidienne, publicité, musique, design), des pratiques de la vie quotidienne (travail, loisirs, politiques symboliques) et des documents textuels (essais, littérature, production de communication politique), nous nous efforcerons de réfléchir sur l’histoire récente de l’Europe centrale et orientale à partir des témoignages des acteurs.