- Docente: Daniel Meier
La quasi faillite de l’État libanais dès le printemps 2020 a mis en lumière une série d’enjeux qui structurent la scène nationale et qui trouvent leurs ramifications tant au niveau des logiques intérieures qu’au plan régional. La tentative d’intervention française dans le jeu politique libanais semble avoir fait long feu et l’inertie des forces confessionnelles aux commandes à Beyrouth semble barrer la voie à tout changement de fond. L’attentisme de la classe politique face au changement de pouvoir à Washington illustre une nouvelle fois la dépendance du jeu libanais à l’égard des puissances régionales et globales. Elle fournit en même temps au mouvement révolutionnaire du 17 octobre (2019) une justification supplémentaire pour demander la démission en bloc de ces acteurs qui ont monopolisé la scène politique libanaise depuis l’après-guerre civile.
La crise de légitimité que connaît le Liban depuis plusieurs années et qui s’est incarnée par une forte mobilisation depuis l’automne 2019 trouve ses racines dans la superposition de problèmes économiques, d’une corrosion du champ politique et d’importantes frustrations sociales liées à la nature de l’État autant qu’à la confiscation des leviers du pouvoirs par une catégorie d’acteurs qui ne semble avoir de compte à rendre à personne. La dépendance du pays du Cèdre à l’égard de ses voisins immédiats (Syrie, Israël) – qui à divers moments de son histoire récente ont largement contribué à miner l’autorité du pouvoir de l’État – ou plus lointain (Iran, Arabie Saoudite, États-Unis) nécessite d’être mise en lien avec les acteurs et institutions nationales. Le cours entend donc se centrer sur une série d’acteurs institutionnels ou collectifs (armée, partis, réfugiés), de moments (élections, attentats, conflits, reconstruction) et d’époques (indépendance, guerre civile, tutelle syrienne) pour en montrer les dynamiques locales, régionales et internationales. Cette approche thématique et multi-scalaire vise à rompre avec une narration linéaire et vise à introduire une série de problématiques permettant de revisiter les enjeux politiques, sociaux et confessionnels du Liban contemporain dans une perspective diachronique.
