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Le nationalisme arabe, ou panarabisme, trouve notamment ses origines dans les milieux intellectuels chrétiens du Proche-Orient arabe à la fin du 19e siècle. Il a connu son heure de gloire au moment des luttes d'indépendance, puis lors de la nationalisation du Canal de Suez sous la république du raïs égyptien Gamal Abdel Nasser. Lors de la défaite des Etats arabes face à Israël en 1967, l'échec du nationalisme arabe a très vite été annoncé, au profit de l’islamisme. Mais un rapide coup d’œil aux sources permet de constater que le 20e siècle arabo-musulman ne saurait être réduit au seul panarabisme, auquel aurait naturellement succédé une idéologie religieuse, l’islamisme, au moment de son déclin. Au contraire, une multitude de nationalismes a émergé dans différents contextes, pour répondre à des besoins géopolitiques et identitaires spécifiques : nationalismes ethno-culturels, nationalismes religieux, nationalismes territoriaux et nationalismes d’Etat.

Pour le comprendre, il convient de se pencher sur les différentes étapes de la formation des idéologies nationales dans le monde arabe, et sur les définitions que retiennent les penseurs arabes de la « nation ». Patrie, peuple, ou nation – umma, watan, qawm, etc. ? Quelle place pour les patrimoines arabe et antique (mésopotamien, pharaonique, phénicien), et quelle place pour la religion (christianisme, islam, judaïsme) ? Quel rôle l’Etat (l’Empire ottoman, les Etats syrien, libanais, irakien) entend-il jouer dans le processus de formation des idéologies modernes et comment ces nationalismes entendent-ils intégrer les minorités religieuses et ethniques? Comment les fragments imaginent-ils la nation (Zubaida 2002) ? Quels outils discursifs et idéologiques emploient-ils ? C’est pour répondre à toutes ces questions que ce séminaire se propose d’explorer, à travers les textes et les contextes, les enjeux des nationalismes au Moyen-Orient arabe, entre la fin du 19e siècle et les indépendances (au milieu du 20e siècle).

Au niveau de la méthode de travail, deux approches pédagogiques sont encouragées : tout d’abord l’analyse critique de sources. Chaque semaine, une source en rapport avec la séance est proposée, accompagnée d’un article ou chapitre de littérature critique, pour donner à l’étudiant-e les outils nécessaires pour appréhender de manière critique le texte source et son contexte. Par ailleurs, tout au long du semestre, la méthode participative d’apprentissage est encouragée. Outre l’analyse offerte par l’enseignante, le séminaire est également envisagé comme un dialogue entre l’enseignante et les étudiant-e-s, sur la base de lecture(s) hebdomadaire(s) et d’une participation active des étudiant-e-s.

 


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