- Trainer/in: Dominik Andreas Gerber
Ce cours se consacre à la thèse que la démocratie est – bien mieux que ses alternatives – susceptible de faire primer les opinions vraies sur les opinions fausses. L’idée platonicienne que l’attrait normatif d’un régime politique ne découle pas seulement de ses caractéristiques morales, mais également de sa capacité (intrinsèque ou instrumentale – à voir…) de poursuivre la vérité, a tout récemment ressurgi, sous le slogan d’unepistemic turn, en théorie politique normative. Or, hier comme aujourd’hui, la conjonction entre épistémologie et politique démocratique est loin de faire l’unanimité. Si pour des penseurs comme Hannah Arendt ou John Rawls politique et vérité ne font pas bon ménage, les adeptes de l’epistemic turn sont convaincus que la tension qu’incorpore ce binôme est à l’origine d’une meilleure compréhension (aussi, et peut-être surtout, en termes méthodologique) des problèmes qui menacent l’idéal d’une démocratie libérale.
Les deux objectifs pédagogiques de ce cours sont i) de familiariser les étudiant.e.s avec les principales approches épistémiques de la démocratie et ii) de cerner les implications normatives, empiriques, et méthodologiques de ces approches sur les plans de la coordination du savoir politique dans l’ère des social media, de l’inégalité raciale et de la capacité des démocraties à s’auto-défendre contre les défis populistes et totalitaires.