- Profesor: Irène Herrmann Palmieri
Lorsque la 1ère République est instaurée en France en 1792, la question de l'éducation du citoyen se pose immédiatement établissant un lien fondamental entre politique et pédagogie. Il ne s'agit pas simplement d'instaurer un programme d'instruction aux diverses sciences existantes, mais bien d'établir une formation morale, physique et intellectuelle du futur citoyen de la République. Parmi les influences majeures des penseurs de l'éducation en France, comme Condorcet ou Saint-Just, se trouve Jean-Jacques Rousseau, citoyen de Genève. Ce fait n'est pas anodin car la Suisse revêt une place centrale dans l'histoire de l'éducation, principalement grâce aux divers acteurs historiques qui se lancent dans l'aventure pédagogique comme Johann Heinrich Pestalozzi, Philip Emmanuel von Fellenberg, le père Grégoire Girard ou encore Marc-Auguste Pictet. Or, eux-même sont inspirés par les travaux de deux pédagogues britanniques Joseph Lancaster et Andrew Bell. Ces derniers mettent au point, chacun de leur côté, ce qui est connu sous le nom de «méthode mutuelle». Cette méthode connaît un succès extrêmement important dans la première partie du XIXe siècle et est diffusée en France et en Suisse comme une solution à l'éducation des jeunes enfants délaissée par les divers gouvernements aux acteurs privés.
Par l'analyse des oeuvres pédagogiques, des mesures administratives et des règlements d'établissements scolaires, nous appréhenderons les enjeux politiques, économiques, sociaux et moraux de la montée de l'attention pédagogique du début du XIXe siècle. Cette attention nous permettra de questionner le sens que donne les contemporains à la « modernité » naissante dont ils sont témoins et acteurs ainsi que les outils qu'ils mettent en place pour former « l'homme nouveau ».