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Objectifs

Il s’agira de partir de l’analyse des caractéristiques et des variations du métier d'élève, pour saisir ses incidences sur la construction du sens du travail scolaire et du rapport au savoir. En quoi ces trois phénomènes doivent à l'histoire de vie de chacun·e et à la situation scolaire elle-même ? L’unité de formation dénaturalise la forme scolaire, les prises de position et les dispositions plus ou moins rationnelles qui conditionnent l'accès à la raison. Trois concepts, trois intentions :

Descriptif

1. Montrer qu'à la manière des enseignant·es ou de tout·e autre travailleur·euse, les élèves exercent sociologiquement aussi un « métier ». Ils le font non seulement par métaphore, mais parce que leur condition dans les sociétés scolarisées est bien de tirer leurs moyens d'existence de l'exercice plus ou moins docile des tâches scolaires censées garantir la formation de la personne, du citoyen responsable, du travailleur qualifié. De ce point de vue, l'allusion à un métier n'a pas valeur normative mais critique : elle cherche moins à dicter leur conduite aux élèves qu'à étudier comment ils se soumettent ou non – de manière plus ou moins calculée, à tort ou à raison – à ce que l’école attend d'eux, en termes de travail scolaire.

2. Le travail à faire peut mettre les élèves, leurs enseignant·es et l’école dans des rapports de force où les savoirs et les normes attendues ont des sens différents. Il s’agira alors de prendre conscience de cet enjeu global du sens du travail scolaire. Ce concept exprime surtout le fait que le sens d'une activité proposée par l'enseignant·e n'est pas le même d'un·e élève à l'autre et qu'il est crucial de ne pas attendre la « motivation » chez autrui sans chercher soi-même à penser les mobiles de l'apprentissage en milieu scolaire.

3. Comprendre que si l'un des enjeux cruciaux du métier d'élève est d'assimiler des savoirs et de donner du sens au travail, les rapports qu'entretiennent les acteur·rices scolaires avec ces dimensions ne vont pas de soi et sont construits au fil des expériences de vie. D'une part, le rapport au savoir de l'enseignant·e diffère de celui de l'élève, le premier transmettant un certain rapport au savoir dont il s'agit d'être conscient ; d'autre part, le rapport au savoir diffère d'un·e élève à l'autre selon son histoire de vie, ce qui contribue à expliquer la distance inégale de chacun·e à l'école. L'analyse du rapport au savoir introduit ici à l'analyse des difficultés d'apprentissage et de l'échec scolaire.

 

 

 

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