- Docente: Solène Morvant-Roux
Ce cours vise à offrir aux étudiants les éléments leur permettant de comprendre la complexité du processus contemporain de financiarisation des rapports sociaux et de réfléchir aux logiques qui le traversent : exploitation, domination, émancipation.
Dans un premier temps le cours proposera de visiter les principales approches du processus de financiarisation contemporaine (Ecole de la régulation ; approches marxistes et sociologiques) en resituant ce processus dans l’histoire récente du capitalisme.
Nous montrerons ensuite que, loin de se réduire à une sphère financière coupée de l’économie dite « réelle », la financiarisation agit sur les pratiques quotidiennes des populations souvent pensées comme à la marge des flux financiers globaux : tantôt elle leur permet de s’extraire de relations sociales considérées comme oppressantes (rapports de sexe, de classe, de caste, de race, etc.) ; tantôt elle se traduit par une nouvelle forme d’exploitation du travail par la finance. Nous présenterons les principaux mécanismes à l’œuvre dans les pays centraux avant de montrer que les populations pauvres des Suds se trouvent elles aussi au cœur de la financiarisation (décalage entre aspirations et revenus, informalités financières, microfinance, financement des aspirations à une mobilité sociale ascendante, etc.). La dimension genrée du rapport à la dette sera très largement abordée.
L’enseignement se veut interactif : la moitié des séances sera consacrée à une revue de la littérature et des concepts et faits puis les étudiant.e.s et enseignants travailleront ensemble des textes, études de cas qui illustreront les propos introduits dans la première partie de la séance.