Depuis les Mythographes du Vatican jusqu’à Christine de Pisan, en passant par l’Ovide moralisé et les inventions de Jean Froissart, les mythes antiques n’ont jamais cessé d’être repris, traduits, commentés voire récrits pendant la période médiévale. Ils intéressent également profondément la culture latine du Moyen Âge, qui en propose des relectures originales, souvent riches de tensions théologiques et philosophiques. On pense, par exemple, à la figure d’Ulysse, réinterprétée dans le canto XXVI de l’Enfer de Dante.

Quant à l’allégorie, elle devient très tôt un puissant outil d’écriture, à partir de la Psychomachia de Prudence (IVe siècle), qui met en scène le combat entre les vertus et les vices.  L’allégorie joue très tôt un rôle fondamental dans l’exégèse biblique, où elle devient un instrument privilégié pour interpréter les Écritures au-delà de leur sens littéral. Cette lecture allégorique s’impose notamment pour certains textes dont la signification première pouvait sembler obscure ou déroutante — comme le Cantique des cantiques, dont la présence même dans le canon biblique a longtemps suscité des débats, et qui a donné lieu à une riche tradition interprétative spirituelle et théologique.  L’allégorie s’épanouit pleinement au XIIIe siècle, dans une grande diversité de genres et de contenus : du De planctu Naturae d’Alain de Lille au Quadrilogue invectif d’Alain Chartier, le langage allégorique semble capable de tout dire — de l’amour à la religion, des événements historiques aux discours philosophiques ou théologiques.

Le séminaire sera l’occasion de s’arrêter sur quelques textes latins et français écrits entre le XIIe et le XVe siècle, afin de prendre la mesure de cette richesse et de cette variété des mythes et de l’écriture allégorique au Moyen Âge.