- Trainer/in: Eric Aunoble
Dans de nombreuses publications, la révolution bolchevique de 1917 est toujours illustrée par un photogramme du film Octobre d’Eisenstein (1927), présentée à tort comme une image d’archive. Cette capacité à substituer une représentation à la réalité n’a pas opéré que dans la reconstitution du passé. Sur les écrans soviétiques, la production industrielle devenait une scène où l’héroïsme n’était pas moindre que dans la lutte révolutionnaire et même les histoires d’amour devaient s’inscrire dans le sens de l’histoire. Il reste qu’entre 1917 et 1991, les thèmes et les styles ont beaucoup évolué, reflétant les changements de la société. C’est que la censure et le contrôle ne peuvent pas tout. En fait, dans un art qui est avant tout une industrie, le pouvoir, les créateurs mais aussi les acteurs et les techniciens entretenaient des relations complexes dont l’idéologie ne donne pas toutes les clés.
En étudiant des œuvres esthétiquement marquantes mais aussi leurs conditions de production, on éclairera le monde soviétique dans différentes dimensions : politique, institutionnelle, sociale, nationale et impériale, genrée et mémorielle.
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