- Profesor: Luc Vallat
Ballades, virelais et rondeaux ont dominé la musique profane française du moyen âge. La dernière de ces formes fixes a d'ailleurs continué sa course pour s'inscrire dans les premières décennies de la Renaissance. Mais au début des années 1520, alors que disparaissent, à l'instar de Josquin Desprez, les représentants d'une génération fameuse, de nouveaux compositeurs émergent, parmi lesquels Claudin de Sermisy et Clément Janequin. Cette jeune génération s'accompagne d'une nouvelle technologie : l'imprimerie musicale, amenant la production de chanson à répondre à des logiques de marché. Cependant, si la musicologie a longtemps considéré que la chanson nouvelle accompagnant cette période représentait une rupture avec la tradition des formes fixes, de nombreux marqueurs structurels montrent une continuité entre les deux. Ce séminaire partira des formes fixes et étudiera leurs héritages musicaux et littéraires dans le répertoire de la chanson nouvelle (1528-1552), ainsi que les innovations structurelles amenées par ce dernier genre. Les traités, notamment rhétoriques, permettront de comprendre les difficultés gravitant autour de la définition de la chanson, tandis que des textes d'un autre ordre, comme le Livre du courtisan de Baldassare Castiglione, éclaireront les dynamiques sociales entrant en jeu dans la formation de ce répertoire. Enfin, les processus éditoriaux seront convoqués afin de saisir les logiques de diffusion et de consommation de la chanson.