Récit didactique à valeur édifiante au temps d'Ésope et de Phèdre, allégorie sociale aux accents satiriques chez La Fontaine, ou encore variante populaire et rationaliste du conte moral pour les Lumières européennes, les formes revêtues par la fable au fil de sa longue et riche histoire sont aussi diverses et variées que les littératures qui l'ont et continuent aujourd'hui encore de la pratiquer. En mettant en scène des figures animales auxquelles il confère à la fois des caractéristiques archétypales obéissant à une codification stricte et des attributs foncièrement humains comme la parole et la faculté de raisonnement, le récit fabulaire s'empare d'un espace esthétique situé au croisement entre abstraction et incarnation que sa singularité rend propice, dans ses développements modernes, tant à l'effort de conceptualisation théorique (Lessing, Gellert, Gleim) qu'à l'expérimentation formelle (Kafka, Thurber, Kunze). C'est ce vaste et surprenant univers que le présent séminaire se met en tâche d'explorer par le biais d'un parcours textuel diachronique et plurilingue allant des origines antiques du genre à certaines des innovations récentes qu'il a pu inspirer à des auteurs/trices contemporain-es.

Reprenant à son compte la vocation propédeutique du module BA2 du cursus de littérature comparée, le séminaire a également pour fonction de permettre à ses participant-es d'approfondir et de mettre en pratique les principes méthodologiques propres au genre textuel de l'« analyse comparée » dans le but de pouvoir maîtriser de manière autonome le processus de rédaction d'un travail de recherche en littérature comparée. La réalisation de cet objectif, travaillé tout au long du semestre, passera notamment par l'effectuation régulière d'exercices de rédaction individuels qui feront l'objet de retours formatifs de la part de l'enseignant.