La première moitié du XXe siècle a vu évoluer considérablement les pratiques de la photographie de presse et de l’édition illustrée. Avec l’invention de la similigravure dans les années 1890 puis de la rotogravure dans les années 1920, l’apparition des premiers magazines, l’essor du journalisme photographique, l’apparition du photoreportage, l’arrivée de techniques de prises de vue de plus en plus rapides, la presse d’information est progressivement passée du texte à l’image. Afin de comprendre cette mutation, il faut certes retracer le parcours des plus célèbres photographes qui, comme Henri Cartier Bresson, Germaine Krull, Robert Capa, Gerda Taro, Lee Miller et bien d’autres femmes et hommes, ont façonné le paysage de la presse illustrée. Mais il faut également tenir compte des structures qui ont permis l’essor de ces nouveaux métiers de l’image : les agences d’illustrations de presse. Elles jouèrent en effet un rôle important à l’interface du métier de photographe et des éditeurs de presse en utilisant des méthodes de travail en perpétuelle évolution.

De nouvelles questions se posent aujourd’hui à l’historienne et à l’historien de la photographie concernant les techniques de transmission des images, la répartition du travail dans les agences, leur modèle économique, le rôle des femmes photographes, la mondialisation de la diffusion, l’invention de nouveaux genres comme l’ « essai photographique » ou le photoreportage, de nouvelles iconographies – la technique, le corps, l’accident, les masses, l’architecture – et la transformation de la notion d’ « événement ». Nous prendrons appui sur le monde francophone, non sans le situer dans le contexte mondial en rappelant l’importance de l’Allemagne, de l’URSS et, plus tard, des États-Unis en la matière.

Le cours-séminaire alternera à chaque séance, un volet de présentation de type cours magistral et un second volet de discussion de textes préalablement distribués aux étudiant.e.s. Nous visiterons également des archives photographiques.