Le conflit israélo-palestinien semble ne plus être réellement compréhensible, tant les couches successives d’événements guerriers et de micro-actualité violentes régulières et choquantes semblent avoir recouvert tout velléité d’y voir claire. C’est précisément contre cette vision atomisée de l’histoire contemporaine que ce cours est construit. Il entend rompre avec la dimension polémique de ce conflit hautement politique pour lui préférer un angle spécifique d’approche, celui de la spatialité.

 L’espace semble avoir été relégué par les sciences sociales au rang des curiosité mi-philosophique, mi-géographique, et reste assez largement boudé par la plupart des courants des relations internationales ou de la science politique. La sociologie quant à elle a mis bien longtemps à revenir sur ce concept et c’est finalement par le biais des études sur les frontières (border studies) que l’espace a pu regagner de l’intérêt auprès de praticiens des sciences sociales qui ne sont pas géographes.

 C’est donc à partir de cette jonction interdisciplinaire entre science politique et géographie que nous voudrions aborder ce conflit qui parait inextricable. L’intérêt d’une telle approche est qu’elle jouit aujourd’hui déjà d’un corpus de recherches de terrains qui nous permettrons d’adosser notre propos à des références permettant discussions et investigations. Ainsi, le cours propose de prendre le temps de cheminer ensemble dans les différentes temporalités et spatialités de ce conflit à l’aide de textes (articles ou chapitres d’ouvrages) qui seront au programme des lectures hebdomadaires. Ils nous serviront de fil conducteur dans la mise au claire des enjeux, dont ceux inhérent à l’espace, de façon à ouvrir des horizons de débats et de recherches. Au diapason de cette démarche progressive de connaissance, l’examen sera constitué d’un travail personnel de recherche défini d’entente avec l’enseignant.