- Docente: Marie Theres Stauffer
Qu'est-ce qui fait qu'un bâtiment est considéré comme "beau" ? A quoi tient le fait que la façade d'un palais municipal soit généralement louée ? Dans l'architecture française des XVIIe et XVIIIe siècles, qui est au centre du séminaire, l'"art de bien bâtir" (Charles-Augustin d'Aviler) repose sur des règles claires : l'harmonie et la régularité d'un bâtiment font partie des aspects les plus importants de son apparence, notamment l'alignement du plan et du volume du bâtiment sur un axe, la symétrie des façades et des détails de construction ainsi que des proportions bien équilibrées.
Si ces règles sont claires, leur mise en pratique n'en est pas moins difficile, car la symétrie complète qui en résulte peut poser de gros problèmes dans la disposition du bâtiment. Les architectes travaillent donc au sein d'un champ de tensions dans lequel les facteurs les plus divers ne doivent pas être tissés en un paradoxe, mais en une structure globale innovante !
Ce séminaire se concentre donc sur les stratégies des architectes pour offrir une harmonie à l'œil - et pour situer les conflits esthétiques et les irrégularités là où on ne les voit (presque) pas. C'est pourquoi ils travaillent avec un "séquençage visuel" : cela signifie qu'ils font la distinction entre les différentes sections du bâtiment et la vue qui y est disponible. Ce que l'observateur voit à l'intérieur d'une telle section - par exemple dans la cour d'honneur - reçoit une apparence aussi équilibrée que possible. Le terme de "séquence" rappelle ici délibérément les procédés cinématographiques qui consistent à faire des plans séparés.
À l'aide d'exemples choisis d'hôtels particuliers et de châteaux, nous partons à la recherche de lieux qui interprètent parfaitement les règles, beneso comme de ceux où des irrégularités, des ruptures et des compromis ont été faits. Un voyage de deux jours à Paris nous permettra d'étudier certains bâtiments sur place.
Dans ce séminaire, nous nous intéresserons à l'harmonie et à l'incohérence, nous examinerons les grands gestes et les discordances discrètes, nous indentifierons les diversions matérialisées et les lignes de rupture cachées. Tout cela doit permettre d'élaborer des arguments qui illustrent non seulement qu'un bâtiment a une qualité particulière, mais aussi pourquoi.