La langue écrite de l’ère Meiji est en train de basculer dans l’univers des « classiques » (koten). Il n’est plus rare en effet de voir paraître aujourd’hui des traductions en japonais contemporain de textes écrits à la fin du XIXe siècle, avant que ne s’impose définitivement la syntaxe moderne. L’univers linguistique de Meiji est complexe. Les auteurs, suivant les circonstances, ont à leur disposition toute une palette de styles qui s’étend du chinois pur (kanbun) au japonais néoclassique (gikobun) en passant par toutes les nuances intermédiaires. Nous tenterons d’approcher cette diversité à travers d’exemples tirés de la presse, de textes de loi, de correspondances privées, de manuels scolaires, d’essais philosophiques et politiques, de descriptions journalistiques de la nouvelle Tokyo, ou d’œuvres de fiction.